1) FIEVRE ET INFECTION CHEZ LES PATIENTS
NEUTROPENIQUES- ETUDE DE 138 EPISODES
M. Harif, A. Trachli, R. Bennouna, S. Benchekroun, N.Benchemsi
Médecine et Maladie Infectieuses 1988, 11 : 818-823
2) ETUDE CLINIQUE DE L'EFFICACITE DE LA NAVELBINE
DANS LA MALADIE DE HODGKIN. ESSAI DE PHASE II.
S. Benchekroun, Z. Chouffai, M. Harif, A. Quessar, M. Laabid, A.Trachli,
N.Benchemsi, M. Besenval, A. Herrera
In "Navelbine, Actualités et Perspectives", John Libbey Eurotext
1990.
3) LES LYMPHOMES MALINS NON HODGKINIENS PRIMITIFS DE
L'ESTOMAC : A PROPOS DE 9 CAS.
M. Laabid, M. Harif, A. Trachli, N. Benchemsi
La Tunisie Médicale 1990, 68, 5, 352-355.
4) HODGKIN'S DISEASE IN THE VERY YOUNG CHILD - A
REPORT OF 11 CASES (Abst)
M.Harif, A.Quessar, S.Sahraoui, A.Trachli, S.Benchekroun,N.Benchemsi
Medical and Pediatric Oncology, 1992, 20, 5 (Abst P203)
5) LA CONTAMINATION VIRALE DANS L'HÉMOPHILIE-ETUDE
DE 40 CAS
M.Essaadi, M.Harif, A.Quessar, A.Trachli, A.Benslimane, S.Benchekroun,
N.Benchemsi
Revue Marocaine de Médecine et Santé 1993,15,2: 21-27
6) TRAITEMENT DE LA LEUCEMIE AIGUE
PROMYELOCYTAIRE (LAP) CHEZ UN ENFANT PAR L'ACIDE TOUT-TRANS RETINOIQUE (ATTR)(Abstr)
M.Harif , S.Benchekroun, A.Quessar, A.Trachli, N.Benchemsi
Nouvelle Revue Française d'Hématologie 1993, 35 : 313
7) TREATMENT OF NEPHROBLASTOMA ACCORDING TO SIOP9
PROTOCOL-PRELIMINARY RESULTS (Abstr)
M.Harif , N.Nejjari, A.Quessar, A.Trachli, S.Benchekroun, N.Benchemsi
Medical and Pediatric Oncology, 1994, 23, 3 : 218
8) LE SARCOME D'EWING-ASPECTS ACTUELS
M.Harif, S.Benchekroun, N.Benchemsi
Bulletin S.M.S.M 1995, 6,1:7-10
9) DEFICIT EN FACTEUR VII ET CHIRURGIE : LA
SUBSTITUTION PREOPERATOIRE EST-ELLE NECESSAIRE ?
A.Sedraoui, M.Harif, M.Benaguida
Cahiers d'Anesthésiologie, 1995, 43, 5 : 475-476
10) PURPURA THROMBOPENIQUE AUTO-IMMUN ET MALADIE DE
HODGKIN
M.Harif; A.Trachli; A.Quessar; S.Benchekroun; N.Benchemsi
Archives de l'Institut Pasteur ( A paraître)
11) L'HEMOGLOBINURIE NOCTURNE PAROXYSTIQUE-A PROPOS
DE 5 CAS
M.Harif, A.Trachli, A.Quessar, S.Benchekroun, N.Benchemsi Revue Marocaine de
Médecine et Santé 1996,18,1
12) LA MALADIE DE HODGKIN DU TRES JEUNE ENFANT - A
PROPOS DE 11 CAS M.Harif, A.Trachli, A.Quessar, S.Sehraoui,
S.Benchekroun, N.Benchemsi
Bulletin du Cancer
PROFIL IMMUNOPHENOTYPIQUE DES LEUCEMIES AIGUES
LYMPHOBLASTIQUES DE L'ENFANT - Etude de 67 cas
M.Harif, M.Benhaddou, M.Madani, O.El Maataoui, H.Fellah, A.Trachli, A.Quessar,
N.Hda, A.Benslimane, S.Benchekroun, N.Benchemsi.
Résumé
TECHNIQUES DE PRELEVEMENT EN HEMOSTASE
M.Harif, A.Trachli, A.Quessar, S.Benchekroun, N.Benchemsi
Film de 8 min (Production CAV Casablanca)
RESUMES
FIEVRE ET INFECTION CHEZ LES PATIENTS
NEUTROPENIQUES
ETUDE DE 138 EPISODES
M.Harif, A.Trachli, R.Bennouna, S.Benchekroun, N.Benbachir, N.Mdaghri,
N.Benchemsi
Médecine et Maladies Infectieuses 1988, 11, 818-823
Une étude rétrospective portant sur 138 épisodes fébriles chez 113
patients neutropéniques est réalisée entre 1980 et 1985, au service
d'hématologie du CHU Ibn Rochd de Casablanca. La ajorité des malades
présentent une leucémie aigue (65.2%). La neutropénie est en rapport avec la
chimiothérapie dans 56.5%, est liée à un envahissement médullaire dans 28.3%
et une aplasie médullaire dans 15.2% des cas. Les foyers infectieux retrouvés
sont des épticémies (28.9%), des foyers digestifs (19%), ORL (18.3%),
pulmonaires (15.2%), cutanés (10.1%), uro-génitaux (5.7%) méningés et
articulaires (1.9%). Les germes isolés correspondent à des bacilles Gram
négatifs dans 2/3 des cas. Dans les 48 premières heures d'hospitalisation, les
germes sont essentiellement des cocci Gram positifs (39%), oins fréquemment
Escherichia coli (28%), Klebsiella et Enterobacter (22%); après 48 heures
d'hospitalisation, il y a une mémergence du Serratia, Pyocianique et cocci Gram
positifs résistants. Quarante et un patients (36%) sont décédé par
infection. Les facteurs de gravité retrouvés sont une neutropénie sévère et
prolongée, un foyer majeur, une septicémie à germes hospitaliers ou ou
polymicrobienne.
LA CONTAMINATION VIRALE DANS L'HEMOPHILIE
ETUDE DE 40 CAS
M.Essadi, M.Harif, A.Quessar, A.Trachli, A.Benslimane, S.Benchekroun,
N.Benchemsi
Revue Marocaine de Médecine et Santé, 1993, 15, 15 : 21-27
La contamination virale lors de la transfusion est l'une des principales
causes de morbidité et de mortalité chez les hémophiles. Nous rapportons dans
ce travail une étude sur la contamination par les virus de l'hépatite B et du
syndrome d'immunodéficience acquise (HIV) chez 40 hémophiles.
La contamination par le virus de l'hépatite B est observée dans 43% des cas,
ce qui est siilaire aux données de la littérature. Par contre, il n'a pas
retrouvé d'infection à HIV, de même il n'a pas été observé de troubles
immunitaires. Ces résultats s'expliquent par l'utilisation peu fréquente de
fractions anti-hémophiliques dans cette population. Cette première étude
devra être confirmée par de plus grandes séries et une étude de la
transmission de l'hépatite virale C chez ces patients.
EPIDEMIOLOGIE DES TUMEURS MALIGNES
DE L'ENFANT
Etude multicentrique VIèmes Journées Scientifiques de l'Internat
21-24 février 86 .
L'étude des tumeurs malignes de l'enfant connaît un intérêt sans cesse
croissant lié aux progrès considérables réalisés ces dernières années en
oncologie pédiatrique. L'absence de données épidémiologiques de ces tumeurs
dans notre pays a motivé la réalisation de ce travail. L'analyse a intéressé
591 cas de tumeurs malignes chez des patients dont l'âge est inférieur à 15
ans diagnostiquées sur une période de 5 ans allant de Janvier 1981 à
Décembre 1985. Ces malades ont été hospitalisés dans 11 services du CHU Ibn
Rochd de Casablanca. L'âge varie entre 2 jours et 15 ans (My: 7 ans), dont 41%
ont un âge inférieur à 5 ans. Le diagramme des âges montre par ailleurs
qu'il existe 2 pics de fréquence, l'un entre 1 et 5 ans et l'autre entre 10 et
13 ans. Il existe une prédominance masculine nette (Sex ratio M/F: 1.63). seuls
4 enfants sur 10 sont originaires de Casablanca ou de sa région. quarante cinq
pour cent des patients sont originaire du sud marocain alors que 15 % sont
originaires du nord. En excluant les leucémies aiguës, 11 types de tumeurs ont
été diagnostiquées. Le LMNH est la première tumeur observée représentant
20% des cas suivi par les tumeurs osseuses et le néphroblastome qui
représentent 12% des cas. Viennent ensuite les tumeurs du SNC, la maladie de
Hodgkin et le rétinoblastome. Par ordre décroissant les autres tumeurs
observées sont le neuroblastome, les tumeurs mésenchymateuses malignes, le
carcinome indifférenciée du nasopharynx, les tumeurs germinales malignes et le
tumeurs cutannées. La fréquence relative de ces tumeurs varie selon l'âge.
entre 0 et 5 ans ce sont essentiellement les tumeurs blastémateuses (néphroblastome,
rétinoblas-tome, neuroblastome) et les LMNH qui prédominent représentant 71%
des cas de tumeurs malignes à cet âge. A noter que la maladie de Hodgkin
constitue 5 % des cas chez l'enfant de moins de 5 ans. Entre 5 et 10 ans ce sont
essentiellement les hématosarcomes (LMNH et maladie de Hodgkin) qui sont
retrouvés. Les tumeurs du SNC et les tumeurs osseuses représentent chacune 1/5
des atteintes tumorales dans cette tranche d'âge. quand aux tueurs
blastémateuses, elle sont notées dans 16 % des cas. Enfin, entre 10 et 15 ans
ce sont les tumeurs osseuses et les tumeurs du SNC qui sont retrouvés en
premier. Ajoutés aux lymphomes malins, ils représentent 61% des cas. Les
carcinomes du nasopharynx représentent 1/4 des cas à cet âge. Par ailleurs,
la répartition selon le siège de la tumeur montre que ce sont les tumeurs
abdomino-pelviennes qui prédominent représentant le 1/3 des cas.
Cette étude outre l'intérêt d'avoir permis une étude épidémiologique des
tumeurs pédiatriques, a permis de retrouver des caractéristiques locales.
Ainsi, la durée d'évolution avant le diagnostic est supérieure à 3 mois dans
65% des cas, les stades III et IV sont retrouvés dans 88% des cas et seuls 36%
des cas ont un état nutritionnel satisfaisant. Enfin 47% des patients sont
perdus de vue.
Une meilleure sensibilisation de tous devrait permettre l'amélioration de ces
résultats et d'offrir à tout enfant un maximum de chance de guérison tel que
le laisse espérer les résultats actuels obtenus dans les pays développés.
SOME IMMUNOPHENOTYPIC FEATURES OF
CHILDHOOD ALL IN CASABLANCA M.Harif, M.Benhaddou, M.Madani, A.El
Maataoui, H.Fellah, A.Trachli, A.Quessar, A.Benslimane, S.Benchekroun,
N.Benchemsi 6-9 March 1996, Caire (Egypte)
Some data in childhood ALL diagnosed in developing countries suggest quite
different features compared to that seen in western countries. We report here
our experience on immunophenotyping in 67 consecutive cases of childhood ALL.
Single fluorescence analysis was used to classify leukaemia cells as B or T
lymphoblasts . The immunologic markers used are: CD1 (33 cases), CD2 (59 cases),
CD3 (40 cases), CD4 (10 cases), CD5 (18 cases), CD7 (57 cases), CD8 (4 cases),
CD19 (62 cases), CD21 (41 cases), CD13 (33 cases), CD14 (16 cases), CD33 (39
cases), CD10 (63 cases), HLA-DR (53 cases), CD34 (10 cases). The distribution of
phenotypes shows 26 cases (38.8%) of T lineage and 36 cases (53,8%) of B lineage.
Co-expression of myeloid markers is seen in 1 case. In 5 patients (7.4%) the
cell lineage could not be determined. 84% of B cell lineage cells are cALLA
positive. Complete remission is obtained in 96% of these patients and 33%
relapsed.
These results suggest that T lineage ALL is more frequent in our patients. It is
however necessary to study a higher number of patients and use larger panel of
antibody using sIg and cIg to confirm these data.
EPIDEMIOLOGY OF HODGKIN'S DISEASE (HD)
IN MOROCCO
M.Guerbaoui*, M.Harif**, S.Sqalli*, A.Iraqui*, S.Benchekroun**,
N.Benchemsi**
* Service d'anatomie pathologique. ** Service d'Hématologie et Oncologie
pédiatrique
Epidemiologic investigations have shown geographic variations in age and sex
incidence and histologic subtype patterns for HD, particularly in relation to
level of socioeconomic development. The disease has been reported to occur more
frequently among young children from developing countries than among those from
countries of advanced socioeconomic status. Furthermore, male predominance and
mixed cellularity subtype are most common in less developed regions.
The aim of this retrospective study is to give an overview of epidemiologic
pattern of HD in Morocco. Of 57340 histopathologically proven cases of cancer
reported in Morocco from 1950 to 1980, 1030 (1.79%) are HDs. Of these patients
746 cases are males (2.67%) and 266 are females (0.92%). The mean age of
occurrence is 30 years, with 4.81% cases less than 5 years old and 24.7% less
than 15 years. From 1980 to 1994, 737 new cases of HD where age, sex and
histologic subtype are reviewed. In these cases, there is an overall
predominance of males (Sex ratio M/F 2.5). Age ranges from 3 to 87 years (Mean :
29 ± 16) . Histologic subtype analysis shows type 3 predominance (56%),
followed by type 2 (28%), type 1 (11%) and type 4 (5%).
These data are consistent with previous published results suggesting geographic
variation in relation to economic status. Evidence for an active role for
infectious agent i.e. Epstein-Barr virus in the pathogenesis of HD is strongly
suggested in recent works. However these studies have been carried out almost
exclusively in Europe and USA and need to be conducted in less developed
countries.
PURPURA THROMBOPENIQUE AUTO-IMMUN ET
MALADIE DE HODGKIN
M.Harif; A.Trachli; A.Quessar; S.Benchekroun; N.Benchemsi
L'association d'un purpura thrombo-pénique auto-immun (PTAI) à une maladie de
Hodgkin (MDH) est rare. Elle est rapportée dans 1,5 à 3,8 % des maladies de
Hodgkin. Le PTAI peut précéder, accompagner ou succéder à la MDH. D'autres
cytopénies auto-immunes sont par ailleurs rapportées, qu'il s'agisse d'une
anémie hémolytique ou d'une neutropénie. Plusieurs hypothèses pathogéniques
sont proposées pour expliquer cette association sans trouver de confirmation .
Nous rapportons 3 cas de PTAI révélateurs de MDH observés au service
d'oncologie pédiatrique et hématologie du centre hospitalier Ibn Rochd de
Casablanca.
* La première observation concerne un garçon âgé de 8 ans, ayant consulté
en Mars 1983 pour un purpura pétéchial diffus associé à un syndrome
fébrile. L'examen clinique ne retrouve pas d'organomégalie. L'hémogramme
pratiqué montre une thrombopénie à 35 000 éléments/mm3. Le myélogramme est
de richesse normale avec de nombreux mégacaryocytes, sans cellules malignes.
Sous prédnisone à la dose de 2 mg/kg les plaquettes remontent à 180 000
éléments/mm3 en 8 jours. La rémission est maintenue jusqu'en juillet 1983
date à laquelle une rechute survient, le patient est alors transféré en
hématologie. La radiographie du thorax montre une opacité latérotrachéale
ayant soulevé l'hypothèse d'une maladie de Hodgkin. Une lymphographie
pédieuse est alors pratiquée et permet de mettre en évidence une hypertrophie
ganglionnaire avec un aspect microlacunaire des ganglions des chaînes
lomboaortiques. Une laparotomie en vue d'une biopsie ganglionnaire est alors
pratiquée. L'étude histopathologique permet de conclure à une MDH de type 1.
Le bilan d'extension complété par 2 biopsies ostéomédullaires et une biopsie
hépatique permet de classer le malade au stade IIIAb de la classification de
Ann Arbor. Le traitement a comporté 3 cures de chimiothérapie de type MOPP
permettant d'obtenir la rémission complète, suivie d'une irradiation en
mantelet et en Y inversé avec une barre splénique. Ce patient est toujours en
rémission complète maintenue avec un recul de 12 ans.
* La deuxième observation concerne un homme de 37 ans. Ce patient consulte en
juin 1983 pour un syndrome hémorragique. L'hémogramme un taux des plaquettes
à 20 000/mm3. Le myélogramme de richesse normale montre une hyperplasie
mégacaryocytaire sans anomalies au niveau des autres lignées. Le patient est
mis sous prednisone à la posologie de 2 mg/kg. Les plaquettes remontent à 180
000 au 10ème jour. L'évolution est marquée par la survenue d'une rechute en
Juillet sensible à la corticothérapie puis une 2ème rechute en Janvier 1985
résistante aux corticoides. Le patient est perdu de vue jusqu'en Mars 1987 date
à laquelle une splénectomie est pratiquée vu la résistance à la
corticothérapie.La rémission est obtenue après splénectomie.
En Janvier 1988, la constatation d'une adénopathie sus-claviculaire gauche
soulève l'hypothèse d'une association à une MDH. La biopsie permet de
confirmer le diagnostic d'une MDH. Le bilan d'extension permet de conclure à un
stade IAa. Le traitement a comporté 3 cures de MOPP suivies d'une irradiation
limitée au site ganglionnaire initialement touché par la maladie. Le patient
est en rémission complète maintenue avec un recul de 7 ans.
* Le 3ème cas concerne un garçon âgé de 11 ans, hospitalisé le 10 Février
1986 pour une suspicion de maladie de Hodgkin. Sa symptomatologie a débuté en
Janvier 1985 par des adénopathies cervicales ainsi que l'apparition récente
d'un purpura. Une biopsie ganglionnaire est alors pratiquée et permet alors de
porter le diagnostic de maladie de Hodgkin de type 3. Le patient est alors
transféré en hématologie. L'hémogramme montre une thrombopénie profonde
(Plaquettes à 1000/mm3). Le myélogramme montre une moelle de richesse normale
avec une richesse en mégacaryocytes supérieure à la normale.
Au total le diagnostic de PTAI associé à une MDH est retenu devant la
thrombopénie et la richesse élevée de la moelle en mégacaryocytes traduisant
une production plaquettaire élevée malgré la présence du nodule hodgkinien
à la biopsie ostéomédullaire. Le taux de plaquettes s'est normalisé au bout
de 7 jours de corticothérapie. La chimiothérapie a alterné des cures MOPP et
des cures ABVD associées à une irradiation sus- et sous-diaphragmatiques . Une
rémission complète de la MDH est obtenue après la 3ème cure de
chimiothérapie. Cette rémission a été maintenue jusqu'au 27/02/90 date à
laquelle le patient est perdu.
L'association du PTAI à la MDH est une situation rare. Les 3 cas que nous
rapportons sont colligés à partir d'une série de 274 cas MDH soit une
proportion de 1,09% et sur une série 163 cas de PTAI diagnostiqués durant la
même période (1,84%). Parmi les 55 cas rapportés dans la littérature, le
PTAI précède le diagnostic de MDH dans 26 cas (47,27%). Les autres cas
surviennent au cours de l'évolution de la MDH. Parmi les 55 cas colligés dans
la littérature seuls 2 cas sont observés chez des enfants. Il s'agit d'enfants
âgés de 13 et 14 ans.
Sur le plan thérapeutique l'association de ces 2 affections ne modifie pas la
stratégie.
La relation de cause à effets entre la MDH et le PTAI n'est pas élucidée. La
majorité des auteurs est en faveur d'une origine auto-immune. En faveur de
cette hypothèse la mise en évidence, quoiqu' inconstante d'anticorps
anti-plaquettes et d'immunoglobulines liées aux plaquettes par divers
techniques. Certains auteurs ont mis en évidence des immunoglobulines fixées
aux plaquettes dans des cas de MDH en l'absence de toute thrombopénie. Ces
anticorps ne sont plus mis en évidence chez les patients mis en rémission
complète. Le rôle dépresseur de la MDH sur la fonction des lymphocytes T
supresseurs pourrait précipiter l'apparition de phénomènes auto-immuns,
mécanisme soulevé dans la survenue du PTAI lors du syndrome d'immunodéfiscience
acquise. L'hypothèse d'une production d'anticorps au niveau des cellules
tumorales est également soulevée par analogie au PTAI accompagnant parfois
certaines tumeurs solides d'origines variées. Le rôle d'une infection virale
est également soulevé , notamment du virus d'Epstein Barr dont l'association
avec la maladie de Hodgkin est actuellement bien documentée
L'HEMOGLOBINURIE NOCTURNE PAROXYSTIQUE, A PROPOS DE 5 CAS
M.Harif, A.Trachli, A.Quessar, S.Benchekroun, N.Benchemsi
La revue marocaine de médecine et santé
L'Hémoglobinurie nocturne paroxystique (HNP) ou maladie de Marchiafava-Micheli
est une affection acquise de la cellule souche médullaire. Elle se caractérise
par une hypersensibilité à l'action lytique du complément secondaire à une
synthèse défectueuse des molécules protectrices de la membrane cellulaire (Decay
Accelerating Factor (DAF) et Membrane Inhibitors of Reactive Lysis (MIRL)).
C'est une affection rare qui se manifeste essentiellement par des signes
d'hémolyse intra-vasculaire souvent associés à des thromboses. Son diagnostic
classiquement confirmé par le test de Ham et Dacie peut actuellement être fait
plus précocement et de façon plus fiable par immunophénotypage.
.Nous rapportons 5 cas d'HNP diagnostiqués entre Janvier 1990 et Décembre
1993. Il s'agit de 4 hommes et 1 femme dont l'âge varie entre 15 et 40 ans
(moyenne : 29 ans). L'évolution avant le diagnostic varie entre 5 et 24 mois
(moyenne : 15 mois). Les manifestations cliniques sont faites d'anémie et
hématurie au réveil chez 4 patients; un ictère est noté dans 4 cas; des
douleurs abdominales et lombaires dans 2 cas et enfin un syndrome fébrile chez
un patient. L'hémogramme montre une anémie normochrome regénérative dans les
5 cas. Le test de Ham et Dacie confirme le diagnostic d'HNP chez les 5 patients.
Une hypoplasie médullaire est retrouvée dans 2 cas à la biopsie
ostéo-médullaire. Les patients sont transfusés régulièrement par des culots
globulaires phénotypés lorsque le taux d'hémoglobine est inférieur à 8
gr/100ml. Une hépatite virale B et une hépatite C ont respectivement
compliqué cette thérapie chez 2 patients. Une patiente a développé un
sarcome à cellules fusiformes du sein 20 mois après le diagnostic d'HNP. Cette
patiente est décédée 6 mois plus tard dans un tableau de métastases
médullaires. Les autres patients sont suivis et ont un recul de 17, 22, 42 et
50 mois respectivement. Aucune complication infectieuse ou thrombotique n'est
diagnostiquée.
L'HNP est une affection qui touche principalement les sujets adultes dont l'âge
varie entre 20 et 40 ans avec une prédominance d'atteinte des sujets de sexe
féminin . Dans cette série, le sexe masculin est prédominant (4/5 cas). La
durée d'évolution avant le diagnostic est souvent très longue du fait de la
méconnaissance de cette affection et du tableau clinique souvent fruste.
L'expression clinique est corrélée au pourcentage des cellules sanguines
dérivant du clone atteint.
L'évolution ou l'association de l'HNP à une aplasie médullaire est observée
avec une incidence variable selon les séries. Avec les techniques récentes de
diagnostic de l'HNP, cette incidence atteint 36%. Cette association semble par
ailleurs grever le pronostic de l'aplasie médullaire . Dans cette série, 2
patients présentent une aplasie médullaire en association avec l'HNP. Moins
fréquemment l'HNP s'associe à une myélodysplasie ou évolue vers une
leucémie aiguë . L'association à un sarcome du sein observé dans le premier
cas de cette série semble fortuite et n'a par ailleurs pas été rapportée
dans la littérature.
Le diagnostic de l'HNP est classiquement porté par le test d'hémolyse en
sérum acidifié (Test de Ham-Dacie) ou le test d'hémolyse en sucrose. Ces
tests manquent cependant de sensibilité et ne sont positifs que lorsque le
pourcentage des hématies provenant du clone malades est important. Par ailleurs
chez les patients transfusés, la présence d'hématies du donneur gêne
l'interprétation de ces tests. Les techniques de cytométrie en flux ou par
agglutination en gel, utilisants des anticorps monoclonaux dirigés contre le
DAF, le MIRL ou le C8BP permettent une appréciation fiable des déficits en ces
proteines aussi bien sur les hématies que sur les polynucléaires.
La seule thérapeutique efficace dans l'HNP est l'allogreffe de moelle osseuse
permettant la substitution du clone malade par des cellules souches normales
provenant d'un donneur HLA compatible. La morbidité et la mortalité liées à
cette thérapeutique font cependant réduire les indications aux formes
sévères ou celles associés en particulier à l'aplasie médullaire elle même
nécessitant une greffe de moelle. La majorité des patients est traitée par
des transfusions itératives lorsque l'hémoglobine est inférieure à 8
g/100ml. Il est recommandé de transfuser ces patients par des globules rouges
lavés ou congelés et décongelés n'apportant pas de complément actif. Une
revue récente de 556 transfusions de culots globulaires non lavés chez 23
patients n'a mis en évidence qu'un seul cas d'hémolyse post-transfusionnelle.
Dans cette série, les culots globulaires transfusés ne sont pas lavés. Aucun
cas d'hémolyse post-transfusionnelle n'été relevé. Il est à signaler que
ces patients ne développent pas d'hémochromatose post-transfusion-nelle du
fait des fuites de fer dans les urines lors des épisodes d'hémoglobinurie.
Dans cette série, la ferritinémie a été dosée chez un patient et s'est
avérée normale malgré les transfusions itératives.
Le pronostic de cette affection est lié aux complications thrombotiques et
infec-tieuses, principales causes de mortalité. La probabilté de survie est de
plus de 60% à 10 ans. Dans cette série le seul décès observé est en rapport
avec un sarcome du sein métastatique.
LA MALADIE DE HODGKIN DU TRES JEUNE ENFANT
A PROPOS DE 11 CAS
M. Harif, A. Trachli, A. Quessar, S. Sehraoui, S. Benchekroun, N.Benchemsi.
Bulletin du Cancer
La survenue de la maladie de Hodgkin (MDH) chez le très jeune enfant ( £ 4
ans) est rarement rapportée dans la littérature occidentale. A cet âge, la
MDH semble plus fréquente dans les pays en voie de développement et soulève
l'hypothèse d'une origine infectieuse de la maladie. Le tableau clinique et
l'évolution de la MDH à cet âge ne sont pas bien documentés. Par ailleurs,
la particulière vulnérabilité à la radiothérapie et à la chimiothérapie
chez le très jeune enfant nécessite une adaptation du traitement à l'âge.
Certaines publicationsfont état de résultats satisfaisant dans le traitement
de ces patients par chimiothérapie exclusive. Nous rapportons ici notre
expérience de prise en charge de la MDH chez le très jeune enfant au service
d'Hématologie et Oncologie Pédiatrique du CHU Ibn Rochd de Casablanca.
Entre 1980 et 1991, 11 cas de MDH chez des patients dont l'âge est £ 4 ans
ont été diagnostiqué. Le diagnostic est dans tous les cas confirmé par
biopsie ganglionnaire. Au terme de ce bilan, les patients sont classés selon la
classification de Ann Arbor.
Le traitement a comporté une chimiothérapie dans tous les cas. La
radiothérapie (30 Gy en mantelet) est utilisé chez un seul patient. L'âge des
patients varie de 29 mois à 4 ans avec une moyenne de 2 ans et 11 mois. Le sexe
masculin est prédominant (Sex Ratio M/F: 2.6) de même que le type 3. Les
stades avancés III et IV sont observés chez 7 patients. Durant la même
période, 104 enfants dont l'âge est compris entre 4 et 15 ans ont été
diagnostiqués. La prédominance masculine semble plus nette dans cette
population (Sex Ratio M/F: 3.9). Les stades avancés III et IV sont les plus
fréquents et représentent respectivement 26 et 49% des cas. On retrouve
également une prédominance du type 3 (46%).
Dans ce groupe de très jeunes patients, la rémission complète est obtenue
chez 7 patients. Parmi les 4 patients restant, 1 est perdu de vue avant le
début du traitement alors que les 3 autres l'ont été avant la fin du
traitement. La rémission complète a été maintenue dans tous les cas où elle
a été obtenue après un recul variant de 2 à 8 ans. Il n'a pas été noté
d'effet secondaire à moyen terme lié à la chimiothérapie ou la
radiothérapie dans les limites de la durée d'observation. Dans le groupe des
patients plus âgés, traités par l'association de la chimiothérapie et de la
radiothérapie, le taux de rémission complète est de 85,6% parmi les 100
patients évaluables. La survie sans rechute à 10 ans dans cette population est
de 70%.
La survenue de la MDH chez le jeune enfant semble plus fréquente dans les
pays en voie de développement. La survenue de cette affection à un âge £ 4
ans représente 20% des MDH de l'enfant dans une série jordanienne, alors
qu'elle ne dépasse pas 2% aux USA. Dans notre institution la prévalence est
intermédiaire (9.5%). Ces différences de répartition liés aux conditions
socio-économiques suggèrent une étiologie infectieuse de la maladie. Le rôle
du virus Epstein Barr est actuellement bien établi. Ces études ont cependant
été menés essentiellement dans la population occidentale.
La MDH du très jeune enfant est plus fréquemment rapportée dans le sexe
masculin . Les stades précoces I et II sont prédominant de même que les type
2 et 3 . Dans cette série, il y à plus de stade avancés, alors que le type 3
est le plus fréquent.
Les protocoles de traitement de la MDH de l'enfant les plus couramment employés
ne préconisent pas un traitement spécifique pour les patients très jeunes.
Chez ces patients, il n'a pas été trouvé de différences en terme de réponse
au traitement selon que ces patients ont été traité par chimiothérapie
seule, radiothérapie seule ou par association radio-chimiothérapie . Le taux
de rémission complète dépasse 90% quelque soit le stade d'extension. Dans
cette série, tous les enfants qui ont achevé leur protocole thérapeutique ont
été mis en rémission complète qui a pu être maintenue durant leurs suivis.
Les enfants ayant reçu une irradiation dans leur protocole thérapeutique
peuvent présenter une hypoplasie osseuse au niveau des champs irradiés
fonction du volume irradié et de la dose délivrée; de même, dans certains
cas une hypothyroïdie ou un adénome thyroïdien. Les tumeurs malignes solides
sont rapportées particulièrement lorsque l'irradiation est associée à la
chimiothérapie. Certains auteurs font états de résultats satisfaisant par un
protocole de traitement comportant une chimiothérapie exclusive. Les protocoles
comportant une chimiothérapie de type VAB semblent moins toxiques .
En conclusion, nous pensons que la MDH survenant chez les très jeunes
patients peut être traitée par chimiothérapie exclusive. Celle-ci doit
associer des produits tenant compte de la particulière sensibilité aux effets
de la chimiothérapie à cet âge, en particulier pour ce qui concerne le risque
de stérilité chez le garçon.
TRAITEMENT DES LEUCEMIES AIGUES LYMPHOBLASTIQUES DE L'ENFANT
Expérience du service d'Hématologie et Oncologie
Pédiatrique du Centre Hospitalier Ibn Rochd-Casablanca
M.Harif, M.Madani, A.Trachli, A.Quessar, S.Benchekroun, N.Benchemsi
Plus de 2/3 des enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL)
peuvent actuellement être guéris dans les pays occidentaux. Ces progrès sont
obtenus grâce à une chimiothérapie adaptée aux divers facteurs pronostiques
actuellement bien établis. Les données concernant les patients des pays en
voie de développement sont rares et rapportent souvent des résultats très
mauvais, ne dépassant guère 20 à 25% de taux de guérison. Ces résultats
sont dus à l'insuffisance des moyens thérapeutiques aussi bien spécifiques
que de réanimation hématologique. Certains auteurs font état d'un mauvais
pronostic lié aux caractéristiques de cette affection dans ces pays. Cette
donnée reste cependant à confirmer par l'étude de grandes séries. Nous
rapportons nos résultats préliminaires de traitement des LAL de l'enfant selon
le protocole EORTC/CLCG (Children's Leukemia Cooperative Group) dérivé du
protocole allemand BFM. L'adoption de ce protocole, malgré son agressivité,
est venue après une première période d'utilisation des protocoles dérivés
des protocoles français FRALLE83, FRALLE87 et un protocole Hybride où le
traitement d'attaque du FRALLE 87 ayant été considéré trop toxique a été
remplacé par le protocole score 3 du FRALLE 83.
Ce protocole se caractérise par un traitement d'induction peu agressif, un
traitement de consolidation suivi d'une ré-induction tardive. Selon ce
protocole, sont considérés de mauvais pronostic les patients présentant plus
de 1000 blaste à J8 de la corticothérapie, ceux ayant une leucose totalement
indifférenciée (Immunomarquage), ceux présentant une translocation t(4,11) ou
t(9,22) ou une pseudodiploidie et ceux non mis en rémission complète après
traitement d'attaque. Seuls la réponse à la corticothérapie et le statut
après traitement d'attaque ont été considérés pour les patients de cette
série .
Entre Juin 1992 et Décembre 1994, 51 patients d'âge < 16 ans ont été
inclus dans ce protocole. Le sexe masculin est prédominant (Garçons 33
cas/Filles 18 cas). L'âge est supérieur à 10 ans dans 20 cas, compris entre 2
et 10 ans dans 29 cas et inférieur à 2 ans dans 1 cas. Une forme hypertumorale
est observée dans 35 cas. Une hyperleucocytose dépassant 50 000/mm3 est
retrouvée chez 23 patients dont 16 hyperleucocytoses supérieure à 100 000/
mm3 . Une localisation médiastinale est retrouvée chez 11 patients. L'immunophénotypage
réalisé chez 28 patients montre une forme préB dans 14 cas dont 13 sont
CALLA(+), une forme T dans 12 cas et une forme bi-phénotypique dans 2 cas. Les
patients ont été considérés de faible risque dans 30 cas alors que 18
patients ont été classés de haut risque. Deux patients n'ont pas été
classés; le 1er étant décédé et le 2ème perdu de vue avant la fin du
traitement d'attaque. Parmi les malades classés de haut risque, 14 sont mauvais
répondeurs à la corticothérapie initiale, 2 ont été mis en rémission
partielle après traitement d'attaque et 2 patients sont des échecs
thérapeutiques initiaux. La rémission complète est observée chez 44 patients
(86%). Ce taux est de 96% chez les patients de faible risque et de 77% chez les
patients de haut risque. Seul 1 patient est décédé pendant le traitement
d'attaque de complications infectieuses. Quatorze patients ont rechuté. Ces
rechutes sont médullaires dans 5 cas, au niveau du SNC dans 4 cas, testiculaire
dans 1 cas, médullaires et testiculaires dans 3 cas, médullaire, testiculaire
et au niveau du SNC dans 1 cas. Ils ont été précoces (<18 mois) dans 8
cas, tardives chez 1 patient et après abandon thérapeutique chez 5 patients.
Il s'agit de formes jugées faible risque dans 11 cas (38%) et haut risque dans
3 cas (21%). La majorité des rechutes est notée dans le sexe masculin (11 cas
soit 33% des garçons vs 3 cas dans le sexe féminin soit 16%). Chez les
patients qui ont bénéficié d'un immunomarquage, les rechutes ont été
observées dans 5 cas classés préB tous CALLA(+) (35%) et chez 9 patients
classés T (75%). Dix patients sont perdus de vue, dont 9 en 1ère rémission
complète et 1 avant la fin du traitement d'attaque. Le taux de survie sans
rechute à 24 mois est de 61.5% alors que le taux de survie globale est de 74%.
Ces résultats bien que préliminaires montrent une amélioration globale des résultats comparativement aux protocoles précédents (Tableaux I). A noter particulièrement la diminution de la mortalité initiale, l'élévation corollaire du taux de RC, la diminution nombre de patients perdus de vue, l'amélioration des taux de survie globale et sans rechute à 24 mois (Courbes de survie). Une amélioration de la prise en charge et notamment du traitement symptomatique contribue probablement pour une large part dans cette amélioration des résultats. Le taux de rechute est cependant élevé dans les formes classées de faible risque. Ceci traduit probablement l'insuffisance des critères adoptés pour classer ces patients. Il semble nécessaire d'introduire les données cliniques (syndrome tumoral, leucocytose, âge), les données de l'immunomarquage, de la quantification du DNA et du caryotype dans le choix du protocole. Par ailleurs, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour réduire le nombre de patients perdus de vue au cours du traitement.
LES LEUCEMIES AIGUES NON
LYMPHOBLASTIQUES DE L'ENFANT
A PROPOS DE 117 CAS
M.Madani, M.Harif, S.Cherqui, A.Trachli, A.Quessar, S.Benchekroun
Le pronostic de la leucémie aiguë non lymphoblastique (LANL) reste
péjoratif du fait des rechutes fréquentes malgré l'utilisation de protocoles
de chimiothérapie de plus en plus agressifs et de la greffe de moelle osseuse.
Les taux des rémissions complètes habituellement observées varient entre 70
et 80% et les taux de survie à 5 ans entre 30 et 40%. Nous rapportons dans ce
travail notre expérience de traitement des LANL entre Janvier 1980 et Décembre
1995 chez les patients dont l'âge est inférieur à 16 ans. L'âge moyen lors
du diagnostic est de 7 ans. Les 2 sexes sont également atteints. Une forme
hypertumorale est retrouvée chez 27% des patients alors que une
hyperleucocytaire dépassant 50 000 éléments/mm3 est notée dans 24%. Une
localisation au niveau du systéme nerveux centrale est observée chez 9
patients (8%). Selon la classification FAB, le type M1 est observé dans 15 cas,
M2 dans 52 cas, M3 dans 2 cas, M4 dans 6 cas (dont 2 cas de M4 éosinophiles),
M5 dans 14 cas, M6 dans 3 cas et M7 dans 1 cas. Dans 24 cas, le type cytologique
n'a pas été précisé. L'immunomarquage et le caryotype ont été réalisés
respectivement dans 40 et 8 patients. Ce dernier est normal chez 2 patients,
montre une translocation t(8,21) dans 2 cas de M2, une translocation t(9,11)
dans 1 cas, une trisomie 21 dans 2 cas et des anomalies complexes dans 1 cas.
Initialement, les patients ne recevait pas de traitement à viseé curative. A
partir de 1982, les patients sont traités par une chimiothérapie comportant
une anthracycline associée à la cytarabine. Le protocole AML/BFM87 plus
agressif est d'usage depuis Octobre 1993. Les patients atteints de leucose
aiguës promyélocytaire ont été traités par l'acide tout-trans rétinoique
suivi de chimiothérapie. Le taux de rémission complète est de 53%. Les
échecs sont observés dans 26% des cas, alors que 11% des patients sont
décédés en phase d'aplasie post-chimiothérapie d'infection et/ou
d'hémorragie. Parmi les patients mis en rémission complète 37% ont présenté
une rechute de leur maladie. Le taux de survie sans rechute chez les patients
ayant un recul dépassant 1 an de recul est de 24%.
Ces résultats sont inférieurs aux données actuelles de la littérature
occidentale. Ceci est principalement en rapport avec le taux élevé des décès
durant la phase initiale du traitement par infection et/ou hémorragie.
TRAITEMENT DE LA LEUCEMIE AIGUE PROMYELOCYTAIRE DE L'ENFANT
PAR L'ACIDE TOUT-TRANS RETINOIQUE
M.Harif, M.Madani, A.Trachli, A.Quessar, S.Benchekroun, N.Benchemsi
La leucémie aiguë promyélocytaire (LAP) est rarement observée chez
l'enfant. Elle se caractérise par une CIVD souvent aggravée par la
chimiothérapie et une translocation chromosomique t(15,17) spécifique. Près
de 20% des patients décèdent durant la chimiothérapie d'induction par
hémorragie. Le traitement par l'acide tout-trans rétinoique (ATRA),
contrairement à la chimiothérapie induit une maturation des cellules
blastiques évitant la survenue d'accidents hémorragiques et permet l'obtention
de la rémission complète (RC) sans épisode d'aplasie. Nous rapportons 2
observations pédiatriques de LAP traités par ATRA (Trenitoin*).
La première observation concerne un garçon âgé de 9 ans, connu épileptique
depuis l'âge de 3 ans et traité par clanazépam et a.valproïque. Le
diagnostic de LAP est porté au myélogramme mettant en évidence 76% de blastes
hypergranulaires dont certains comportent des bâtonnets d'Auer en fagot. Le
bilan d'hémostase ne montre pas de CIVD. Le caryotype n'a pu être pratiqué.
Le traitement par ATRA est entrepris à la dose de 45mg/m2 PO. Aucun effet
secondaire clinique n'a été noté. L'hémogramme s'est normalisé après 4
semaines de traitement sans épisode d'hyperleucocytose. Une RC médullaire est
observée à J35. La chimiothérapie est alors entreprise alternant des cures de
daunorubicine-cytarabine et 6-thioguanine-aracytine pour une durée de 2 ans. Ce
patient est en rémission complète maintenue après un recul de 26 mois.
La deuxième observation concerne une patiente âgée de 11 ans traitée 3 ans
auparavant pour un psoriasis. Le myélogramme montre un envahissement
médullaire par 80% de cellules blastiques hypergranuleuses dont certaines
comportent un bâtonnet d'Auer. Le caryotype n'a également pas été pratiquée
dans ce cas. Le bilan d'hémostase ne montre pas de CIVD. Le traitement par ATRA
est entrepris à la dose de 45mg/m2 PO. L'hémogramme s'est normalisé à J33.
Le myélogramme réalisé à J18 montre une évolution vers une maturation des
blastes avec présence de bâtonnet d'Auer au des métamyélocytes. La RC est
notée sur le myélogramme fait à J32. La chimiothérapie est entreprise
alternant doxorubine-cytarabine et 6-mercaptopurine-cytarabine. Cette patiente
est toujours sous traitement après un recul de 13 mois. La RC est toujours
maintenue.
Ces observations reproduisent l'efficacité de l'ATRA dans la mise en RC des
patients atteints de LAP rapportée essentiellement chez des patients d'âge
adulte. La particulière bonne tolérance notée dans ces cas contraste avec les
observations occidentales et doit être confirmée par des études portant sur
une large cohorte de patients.
TRAITEMENT DU SARCOME D'EWING SELON LE PROTOCOLE
MEMPHIS-EVALUATION PRELIMINAIRE
M.Harif, A.Trachli, A.Quessar, S.Benckekroun, N.Benchemsi
European Consensus Meeting on Pediatric Oncology/ Paris 10 Décembre 1993
Les bons résultats observés chez les patients atteints de sarcome d'Ewing
traités selon le protocole Memphis (St Jude Research Hospital) nous ont incité
à entreprendre ce protocole chez nos patients à partir de 1989. Ce protocole
comporte une chimiothérapie associant cyclophosphamide, doxorubicine,
vincristine et actinomycine D et un traitement local comportant une irradiation
précédée d'une éxérèse chirurgicale dans la mesure du possible. Dix huit
patients ont été inclus dans ce protocole. L'âge des patients varie de 1 à
30 ans. Le siège est proximal dans 10 cas et distal chez 8 patients. Les
métastases sont notées che 3 patients, pulmonaires dans 2 cas, pulmonaires et
médullaires dans 1 cas. L'exérèse est pratiquées chez 4 patients. Sept
malades perdus de vue au cours du traitement sont exclus de l'étude. Parmi les
11 patients évaluables, 10 ont été mis en rémission complète (RC). Dans 6
cas la RC est toujours maintenue après un recul variant de 17 à 60 mois (My:33
mois). Il s'agit de 3 cas de localisations distales, les 3 autres étant
proximales. Quatre patients ont rechuté localement alors que 1 patient était
évolutif. Parmi les 3 patients initialement métastatiques 1 cas fait parti des
perdus de vue et les 2 autres mis en RC ont rechuté secondairement. Ces
résultats préliminaires retrouvent un taux élevé de rechutes locales
justifiant une indication plus large de l'exérèse chirurgicale.
LES LYMPHOMES MALINS NON HODGKINIENS
PRIMITIFS DE L'ESTOMAC
A PROPOS DE 9 CAS
M.Laabid, M.Harif, A.Trachli, N.Benchemsi
La Tunisie Médicale, 1990, 68, 5: 351-355
Neuf cas de LMNH gastriques primitifs sont colligés entre 1980 et 1987.
L'âge des patients varie entre 18 et 56 ans avec une moyenne de 37 ans. La
prédominance féminine est nette avec une sex ratio M/F de 0.5
La symptomatologie est dominée par les épigastralgies retrouvées dans tous
les cas, un saignement digestif dans 4 cas et une masse épigastrique dans 3
cas. Le diagnostic est toujours basé sur l'étude histopathologique est fait
par fibroscopie dans 4 cas et après laparotomie dans 5 cas.
Le type histopathologique est de haut degré de malignité dans 4 cas, de faible
degré de malignité dans 3 cas et inclassable dans 2 cas. Selon la
classifiaction de Musshoff, 2/3 des malades ont des formes disséminées. Sept
patients ont subi une gastrectomie, totale dans 1 cas et partielle dans 6 cas.
Une chimiothérapie complémentaire est administrée chez 8 patients. La
rémission est complète chez 5 patients et incomplète dans 3 cas. Le recul
varie entre 7 et 34 mois.
Ces résultats sont discutés à la lumière des données de la littérature et
un protocole de prise en charge de ces patients est proposé.